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Conference de Presse des délégués du mouvement citoyen

 

 

 Liberté du 06-01-2005

 Conférence de presse des délégués du mouvement citoyen
Les archs disent “oui” à Ouyahia
Par Karim Kebir

 Bélaïd Abrika et ses camarades n’ont pas manqué de saisir la perche tendue par le Chef du gouvernement et d’accepter la reprise du dialogue interrompu il y a près d’un an.

Aussitôt dit, aussitôt fait : sans grande surprise, le mouvement des archs, daïras et communes de Kabylie a accepté hier l’invitation à la reprise du dialogue lancée mardi par le Chef du gouvernement Ahmed Ouyahia.
Lors d’une conférence de presse animée à la maison de la presse Tahar-Djaout à Alger, les animateurs du mouvement, en l’occurrence Bélaïd Abrika, Khoudir Benouraret, Saïd Fekhar, Mohand Iguetoulene, entre autres, ont clairement laissé entendre les bonnes dispositions du mouvement pour reprendre langue avec le “pouvoir”. “Cette invitation contient des points positifs. Nous croyons que le dialogue est la seule solution à la crise, et pour nous, il a accepté d’appliquer la plate-forme d’El-Kseur”, a indiqué Belaïd Abrika, l’animateur du quartier des Genêts. Mieux, “c’est une réponse à la déclaration du mouvement en septembre dernier lors du conclave de Sidi Rached (Tizi Ouzou), dans laquelle le mouvement avait demandé à Ouyahia des explications sur la non-application de l’accord et de l’officialisation de tamazight”, a encore ajouté Abrika.
Ces affirmations qui ne souffrent d’aucune équivoque sont enveloppées, toutefois, dans des considérations, à plusieurs égards de pure forme, de “principe” puisque les animateurs rappellent, à qui veut bien les entendre, qu’il appartient à l’interwilayas, l’instance suprême du mouvement, dont un conclave est prévu samedi prochain, de trancher la question de la réponse à donner à Ahmed Ouyahia. “Seule l’interwilayas peut trancher la question. Et c’est l’interwilayas qui va décider s’il faut désigner une délégation ou non”, a expliqué Abrika.
En “hibernation” depuis les élections du 8 avril 2004, consacrée à la “réflexion”, selon les animateurs, le mouvement des archs a tenté de réinvestir le terrain depuis septembre dernier. Récemment, il a tenu un conclave lors duquel il a décidé la tenue d’une grève générale le 12 janvier prochain, jour de Yennayer, Nouvel An berbère, laquelle sera précédée d’une conférence de presse, une rencontre qui intervient au lendemain de l’appel d’Ouyahia. À cette proximité entre les deux dates, Abrika se contente seulement d’avancer que “cette invitation vient confirmer (notre) bilan sur les incidences”.
Au nombre de “six”, les incidences qui ont été au centre de l’accord-cadre avec Ouyahia en janvier 2004 ont été, hormis la libération de détenus, plus ou moins satisfaites. C’est ainsi, par exemple, que “la défiscalisation” des commerçants et la “révocation des indus élus” n’ont pas connu de suite depuis.
Sur ce dernier point, les animateurs rappellent qu’ils tiennent à “déloger la mafia locale qui dilapide les richesses de la région”.
Un subit intérêt qui n’est pas sans lien manifestement avec la revendication de l’UDR, la nouvelle formation de Amara Benyounès, à savoir l’organisation d’élections générales. Et par ricochet, une éventuelle dissolution de l’Assemblée. Cependant, les animateurs du mouvement jugent globalement “positifs” leurs bilans, notamment l’appel au rejet des élections du 8 avril. “Le mouvement a contribué à mobiliser la société”, dira Abrika. Interrogé sur les chances d’aboutissement de la mise en œuvre de la plate-forme d’El-Kseur, document en 15 points qui stipule, entre autres, “le jugement des assassins et des commanditaires” et la “mise sous l’autorité d’institutions démocratiquement élues de tous les corps de sécurité”, Abrika rappelle que le chef de l’État avait reconnu la légitimité des revendications de la plate-forme d’El-Kseur. “On discute sur la forme de sa mise en œuvre”, a-t-il dit. Hostiles à “l’officialisation de tamazight” par référendum, les animateurs refusent aussi, du moins tant que son contenu n’est pas connu, la question de l’amnistie générale. “On ne peut pas parler de quelque chose dont on ignore le contenu, mais nous sommes contre l’impunité.” Enfin à la question de savoir si des rencontres informelles avaient eu lieu avec les autorités avant cette sortie du Chef du gouvernement, Abrika a indiqué qu’il ignorait de “quoi il s’agit”.
Par ailleurs, un hommage a été rendu au chanteur Brahim Izri, décédé avant-hier à Paris, dont l’enterrement aura lieu samedi en son village natal d’Ath Lahcène, à Béni Yenni. 
Yennayer, fête nationale ?
À se fier à certaines indiscrétions, le Chef du gouvernement s’apprêterait à annoncer dans les prochains jours l’institution de la date du 12 janvier fête du Nouvel An berbère comme fête nationale chômée et payée. Une éventualité qui a fait dire à Abrika que “le fait qu’Ouyahia avait répondu favorablement signifie qu’elle est à moitié satisfaite”. Pour rappel, les animateurs ont appelé à une grève générale à travers la Kabylie le 12 janvier prochain.

K. K


El Watan Edition du 6 janvier 2005 

 Le OK des délégués de Béjaïa

L’invitation du chef du gouvernement à la reprise du dialogue, si elle intervient au moment où l’on s’y attendait le moins, elle agrée les animateurs de la Coordination intercommunale de Béjaïa (CICB) qui reçoivent là de la matière pour réactiver une structure mise en veilleuse pendant de longs mois, du moins jusqu’au conclave de Xantina (Amizour), il y a moins d’un mois. La nouvelle offre de la chefferie du gouvernement est saisie, pour beaucoup d’observateurs, comme une occasion qui tombe à point nommé et dont la symbolique est appréciée par ses destinataires. « La référence à Yennayer faite dans le communiqué du chef du gouvernement est importante », relève Bezza Benmansour, délégué de Sidi Aïch. Les conclavistes de l’avant-dernière Interwilayas s’étaient entendus sur le fait de n’envisager aucune reprise de langue sans un communiqué écrit qui les inviterait à se rasseoir autour de la table des négociations. Une première condition de forme qui vient d’être satisfaite à travers le communiqué des services du chef du gouvernement répercuté par l’APS. Pour M. Benmansour, le communiqué traduit un engagement officiel de poursuivre la mise en œuvre du protocole d’accord conclu le 6 janvier 2004. Un processus qui a achoppé, pour rappel, sur le point concernant l’officialisation de tamazight que le chef du gouvernement avait proposé de la soumettre à la voie référendaire. Les animateurs de la CICB font une lecture positive du communiqué concernant l’écueil de tamazight. « Il y a sûrement une proposition pour dépasser cet écueil », spéculent les délégués B. Benmansour et Farès Oujedi qui croient comprendre que le Pouvoir a laissé tomber l’option du référendum. Même optimisme chez Ali Gherbi qui, faut-il le rappeler, n’ayant pas repris le dialogue lors du dernier round en janvier 2004, va cette fois-ci jusqu’à souligner le « courage de Ouyahia ». Les délégués, qui attestent en revanche qu’aucune des incidences n’est appliquée à 100%, gardent tout de même la conviction que la reprise du dialogue pour laquelle ils sont favorables se fera pour la « poursuite du protocole d’accord et l’application de la plate-forme d’El Kseur ». Des avis personnels qui attendent d’être confortés par le consensus à dégager parmi la composante humaine de la CICB et ensuite de l’Interwilayas, dont un conclave est programmé dans une quinzaine de jours à Tizi Ouzou.

 K. Mejdoub

 

Le Jeune Indépendant du 06 01 2005


Conférence de presse des délégués du mouvement citoyen des aârchs

La réponse quant à la reprise du dialogue connue ce samedi


par Yasmine Ferroukhi  )

C’est au lendemain de l’appel lancé, mardi dernier, par le chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, aux délégués du mouvement des aârchs pour la reprise du dialogue interrompu le 7 février dernier que ces derniers ont tenu une conférence de presse.

Deux actions entreprises à quelques jours de la célébration, le 12 janvier, de Yennayer, premier jour de l’an berbère. Belaïd Abrika qui s’exprimait hier à la Maison de la presse devait préciser que cette conférence était programmée dès le 24 décembre 2004, lors de la dernière réunion de l’inter-wilayas.

Initialement destinée à rendre compte à l’opinion publique des constatations du mouvement concernant l’évolution de ses revendications, elle aura été aussi l’occasion d’annoncer la tenue, samedi prochain, d’une réunion de l’interwilayas à Béjaïa et qui aura, entre autres, à se prononcer sur la réponse à donner au chef du gouvernement.

Même si d’aucuns n’écartent pas une réponse favorable au dialogue, les délégués ont préféré laisser le dernier mot à l’inter-wilayas. Des négociations visant à résoudre une crise qui a tourmenté la Kabylie depuis avril 2001 et qui a fait jusqu’en mars 2002 une centaine de morts.

«Nous sommes un mouvement démocratique et pacifique», a rappelé Abrika. Le dialogue avait buté, rappelons-le, sur la question de l’officialisation de la langue amazighe, après avoir été reconnue langue nationale. Qu’apportera de nouveau cette prise de langue ? Les délégués se disent être «prêts à examiner toute proposition qui émanerait du gouvernement, à même de trouver une solution à la crise».

Ceci sans omettre toutefois de rappeler que le mouvement refuse l’idée de soumettre la revendication de l’officialisation de tamazight au vote par référendum. «Nous refusons l’effritement de notre pays», a-t-il soutenu. Interrogé sur la position du mouvement vis-à-vis du projet de loi portant amnistie générale, Abrika a répondu : «Nous ne pouvons nous exprimer sur quelque chose qui n’est pas encore clair.

On ne sait pas qui elle va toucher et dans quel objectif». Il précisera toutefois que «le mouvement refusera l’impunité aux personnes impliquées dans des assassinats ayant eu lieu au cours du printemps noir puisqu’il s’agit de l’un des points contenus dans la plate-forme d’El-Kseur, censée être satisfaite dans sa totalité».

Il rappellera à ce titre que les 13 gendarmes «reconnus coupables par le Président» ne sont toujours pas jugés. Y. F.

 

 

La Tribune du  Jeudi 6 janvier 2005

Suite à l’invitation au dialogue du chef du gouvernement

L’interwilayas se prononcera samedi prochain

Par Ghada Hamrouche

La coordination interwilayas des arouch, daïras et communes décidera, le samedi 8 janvier, de la suite à donner à l’invitation au dialogue que lui a lancée le chef du gouvernement lundi dernier. Bien que les délégués du mouvement citoyen présents hier à la conférence de presse organisée à la maison de la presse Tahar Djaout aient annoncé leur prédisposition à renouer le dialogue avec le gouvernement, ils ont affirmé que la réponse définitive sera connue samedi lors du conclave programmé pour débattre de cette question. Le porte-parole du mouvement, en l’occurrence Belaïd Abrika, annoncera à l’assistance qu’une grève générale aura lieu le 12 janvier prochain pour exiger la proclamation du début de l’année amazighe jour férié. Il annoncera également que le mouvement n’acceptera aucun référendum sur l’officialisation de tamazight car, selon l’orateur, le mouvement citoyen refuse «toute tentative d’effritement du pays». La conférence de presse était l’occasion pour Belaïd Abrika de faire le bilan de l’année 2004 mais aussi celui découlant des protocoles d’accord signés avec le gouvernement en janvier 2004. Une année après la signature desdits accords, le mouvement citoyen, qui s’est réuni les 23 et 24 décembre dernier, a relevé que la première incidence, soit la libération des détenus, a été entièrement respectée. Quant à la seconde, relative aux poursuites judiciaires, le mouvement note une «satisfaction partielle». Même constat pour la réintégration des travailleurs licenciés. Concernant celle du non-paiement des factures d’électricité, il dira que jusqu’à présent «le gouvernement n’a toujours pas respecté ses engagements. L’émission qui devait réparer les dommages apportés au mouvement citoyen suite à la marche du 14 juin 2001 n’a pas été diffusée». La population ne s’acquittera cependant pas de ses redevances à la Sonelgaz tant que celle-ci induit dans ses factures «la taxe d’une télévision insultante et diffamatoire envers un mouvement pacifique». Le mouvement citoyen a relevé, par contre, un net recul sur l’incidence relative à la défiscalisation au cours du dernier trimestre de l’année et le non-respect de celle de la révocation des «indus élus». Questionné sur l’amnistie, M. Abrika dira : «Le mouvement ne se prononcera pas sur un projet dont il ignore les tenants et aboutissants. Seulement, nous ne pardonnerons pas aux assassins des 126 martyrs du printemps noir. Nous refusons l’impunité et nous exigeons leur jugement.» M. Abrika saisira l’occasion pour témoigner sa solidarité au mouvement citoyen des Aurès, celui du Sud et le combat pour les libertés notamment celle de la presse.    

G. H. 


La nouvelle république du 06-01-2005

 

En attendant une décision définitive de l’inter-wilayas
Les archs favorables au dialogue

La conférence de presse convoquée par les délégués des archs a été décidée lors du conclave des 23 et 24 décembre dernier afin de faire le bilan des accords du dialogue avec le gouvernement tenu en janvier 2004. C’est à la veille de la rencontre des membres du mouvement citoyen avec la presse que le chef du gouvernement a relancé l’appel au dialogue dans un communiqué rendu public. Cet appel est une réponse à la position du mouvement citoyen lors de l’inter-wilayas de Tizi Rached qui a demandé des explications concernant la non-application des six incidences ainsi que la levée du référendum pour l’officialisation de tamazight. Il était question par ailleurs que le 12 janvier, jour de Yennayer, soit reconnu officiellement comme une journée chômée et payée.  C’est ce qu’a précisé hier le leader du mouvement citoyen de Kabylie Belaïd Abrika à la Maison de la presse Tahar-Djaout qui a lancé en outre que les délégués ont exprimé leur disponibilité à renouer le dialogue avec le chef du gouvernement pour la satisfaction pleine et entière de la plate-forme d’El Kseur. En attendant, la décision définitive sera prise samedi prochain par l’inter-wilayas, seule instance suprême du mouvement de Kabylie, a souligné M. Abrika.
A propos du bilan des accords liés aux six incidences, le mouvement citoyen estime que leur exécution est partielle et quasiment nulle. Relativement à la libération des détenus, il y a eu effet immédiat après le 6 janvier 2004 pour nombre de délégués, mais s’agissant des poursuites judiciaires et des arrestations de citoyens de Tkout, des Aurès, de Ouargla, Ghardaïa… sans omettre le directeur du Matin qui a toujours soutenu les archs, tous ont vécu le même sort. Idem pour le reste des incidences qui n’ont pas vu leur application : la facture de Sonelgaz, la réintégration totale des travailleurs licenciés impliqués dans le combat citoyen, la défiscalisation des commerçants victimes des événements du «printemps noir» et enfin la révocation des indus-élus laquelle incidence était âprement négociée. Dans le prochain dialogue seront réitérés les accords conclus avec Ahmed Ouyahia en janvier 2004, ainsi que la plate-forme d’El Kseur pour laquelle le pouvoir devra garantir les mécanismes et les moyens d’application.
Interrogé d’autre part sur le projet d’amnistie générale du président Bouteflika, tout en la rejetant dans le fond et dans la forme, ce projet reste ambigu et pas clair aux yeux des délégués du mouvement des archs. En tout, Belaïd Abrika a exclu tout pardon ou impunité aux responsables des 126 jeunes assassinés du «printemps noir».



Dihia H.

 

L’Expression du 06 janvier 2005

 DIALOGUE AVEC LE GOUVERNEMENT
Les archs iront chez Ouyahia
L’Etat s’engagera à officialiser constitutionnellement tamazight, sans recours au référendum, lorsque les conditions seront réunies.

Les archs répondent favorablement à l’invitation d’Ahmed Ouyahia à reprendre le dialogue. C’est ce qui ressort de la conférence de presse animée, hier, par Belaïd Abrika à la Maison de presse Tahar-Djaout. «Les délégués se sont prononcés à titre individuel sur le sujet et la tendance est à l’acceptation de cette invitation», a déclaré le délégué de Tizi Ouzou qui a, néanmoins, insisté sur le fait que l’accord final sera donné par l’interwilayas. Celle-ci tiendra un conclave extraordinaire à Tizi-Ouzou pour formaliser la reprise du dialogue. Ayant buté sur le point 8 de la plate-forme d’El-Kseur relatif à la constitutionnalisation de tamazight en tant que langue officielle sans référendum ni condition, la relance dudit dialogue est rendue possible, affirme-t-on de sources sûres, après que les deux parties furent parvenues à un accord sur la question, à travers les fameux «contacts» informels, plusieurs fois évoqués par le chef du gouvernement. L’accord en question, relèvent nos sources, endosse totalement le point 8, sans toutefois avancer une quelconque date pour sa mise en oeuvre. En d’autres termes, l’Etat «s’engagera à officialiser constitutionnellement tamazight, sans recours au référendum, lorsque les conditions seront réunies», précise-t-on de mêmes sources. Une sorte de deal, donc, qui permet au mouvement citoyen de passer aux autres points de la plate-forme et au gouvernement d’obtenir un accord global sur les revendications citoyennes, sans pour autant être pris à la gorge sur une question aussi sensible. L’assurance dont a fait montre Belaïd Abrika hier, lors de la conférence de presse sur ce sujet, confirme «l’accord officieux» décroché auprès de la chefferie du gouvernement. «Cet appel au dialogue est la réponse du gouvernement à la déclaration du mouvement citoyen à l’issue de l’interwilayas de septembre 2004 où nous l’avons interpellé sur la question de l’officialisation de tamazight», a déclaré Belaïd Abrika. La figure de proue du mouvement a, par ailleurs, insisté sur le fait que «le mouvement refuse le recours au référendum» pour la constitutionnalisation de tamazight, arguant de la détermination des archs à «sauvegarder l’unité de la nation».
Cela dit, l’animateur du mouvement citoyen a affirmé que cette conférence de presse a été décidée le 24 décembre dernier et qu’elle n’a donc pas un rapport direct avec l’appel au dialogue d’Ouyahia. Abrika a annoncé avoir convoqué la presse pour faire un point de situation du protocole d’accord signé avec le gouvernement en janvier 2004. A entendre le délégué de Tizi-Ouzou, le bilan sur le terrain des 6 incidences est plutôt mitigé. Il relèvera la pleine satisfaction de la première incidence qui a concerné la libération de tous les détenus du mouvement citoyen, mais regrette que les poursuites judiciaires à l’encontre d’autres n’aient pas été totalement levées. Pour ce qui concerne le paiement des factures d’électricité, le conférencier évoque l’accord, non satisfait, conclu avec le gouvernement, pour la diffusion d’une émission de télévision essentiellement consacré à faire «une mise au point» sur le traitement médiatique réservé à la marche du 14 juin 2001. «Tant que la Télévision n’a pas fait ses excuses, nous considérons que l’incidence relative aux factures d’électricité demeure pendante», soutiendra Abrika qui note l’insatisfaction des 5e et 6e incidences relatives respectivement à la défiscalisation des commerçants et à la révocation des «indus élus». Cependant, il affiche sa satisfaction quant à la 4e incidence qui a trait à la réintégration des travailleurs licenciés.
Au plan de l’action sur le terrain, il a confirmé l’engagement du mouvement dans une «étape de réflexion» après l’élection présidentielle et annoncera des contacts avec le mouvement citoyen du Sud, tout en s’attaquant vertement au corps de la gendarmerie, responsable, selon lui, «des tortures perpétrées contre des citoyens à T’kout».
Enfin, le délégué de Tizi-Ouzou considère le communiqué du gouvernement comme une reconnaissance de fait de la revendication de faire du 12 janvier (Yennayer) une date officielle. En effet, dans son appel à la reprise du dialogue, les services du chef du gouvernement ont explicitement cité Yennayer comme une date-référence. Tout compte fait, il ressort de la conférence de presse d’hier, une réelle volonté des archs de reprendre langue avec l’Etat, d’autant que le problème essentiel qui a conduit à la rupture du dialogue a été levé de concert entre les deux parties. Cela étant, il y a lieu de relever que «ce réchauffement» intervient dans un contexte politique national où la réconciliation et l’amnistie générale font débat. A ce propos, Belaïd Abrika n’en démord pas. Il n’est pas question pour lui que cette amnistie puisse toucher les gendarmes responsables de la mort de 123 jeunes en Kabylie. Néanmoins, il refuse de s’engager dans le débat tant que les contours du projet présidentiel demeurent flous. Pour l’heure, une seule question le préoccupe: la satisfaction pleine et entière de la plate-forme d’El-Kseur.

Saïd BOUCETTA

 

Le Quotidien d’Oran du 06 01 2005

 

Ils ont fait le bilan de l’année 2004

Les ârouchs reprendront le dialogue avec Ouyahia

Les délégués du mouvement citoyen, les ârouchs, récusent l’idée que leur retour sur la scène médiatique soit lié à l’invitation du chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia.

Selon une délégation qui a animé une conférence de presse, hier à Alger, la décision de cette rencontre avec les journalistes a été prise lors du conclave qui s’est tenu les 23 et 24 décembre dernier. Toutefois, l’on considère que l’appel d’Ahmed Ouyahia est un signal positif dans la mesure où l’on peut comprendre qu’il sous-entend une réponse à la revendication qui a constitué le blocage et la rupture du dialogue, à savoir l’officialisation de Tamazight que le chef du gouvernement envisage de soumettre au référendum, chose qu’ils refusent ou, tout au moins, ils apportent une autre solution. Une chose est sûre, les délégués reprendront langue avec Ahmed Ouyahia, mais avec l’aval de l’instance de décision du mouvement, l’interwilaya qui se réunira le samedi prochain, le vendredi étant déjà pris par l’enterrement du chanteur Izri Brahim, décédé à Paris. Par ailleurs, le choix par le chef du gouvernement de la journée du 12 janvier, Yennayer, Jour de l’An berbère, est perçu comme une volonté politique de « trouver une solution définitive et durable à la crise » et un symbole fort dans le processus mis en branle entre les deux parties. Cette date, célébrée partout en Algérie, pourrait devenir une fête nationale.

Concernant le bilan de l’année écoulée, Belaid Abrika a considéré que certaines des six incidences, objet de l’accord avec le chef du gouvernement, restent inappliquées. Il s’agit entre autres, de la révocation des « indus » élus, la défiscalisation de la région, la réintégration des travailleurs licenciés pour leur implication dans le mouvement ainsi que la suppression de la redevance télé jusqu’à ce qu’elle répare la diffamation concernant la marche du 14 juin.

Abrika sera très dur avec les élus qu’il a considérés comme « des prédateurs, une maffia qui a dilapidé les biens des communes de la Kabylie et rendu un calvaire, le quotidien du citoyen ». Toutefois, il reste optimiste quant à ce que mettra Ahmed Ouyahia sur la table à la reprise du dialogue.

Sur la plate-forme d’El Kseur, le conférencier a indiqué qu’à partir du moment où le pouvoir a considéré « nos revendications légitimes, nous ne discuterons que de la forme, des mécanismes de sa mise en oeuvre ». Mais, pas question de soumettre la revendication de l’officialisation de Tamazight au référendum. « Nous refusons à jamais le référendum car nous refusons l’effritement de notre pays », dit-il, ajoutant que « nous attendons d’autres solutions ». Le ton est aussi au « niet » concernant l’éventualité que les gendarmes, auteurs des assassinats des 126 jeunes, soient graciés dans le cadre de l’amnistie générale prônée par le président de la République. « Nous sommes pragmatiques; il est inconcevable que le mouvement citoyen soit intégré dans le projet d’amnistie », dit Abrika. Amnistie dont il déclare ne pas savoir de quoi il s’agit, et encore moins ses objectifs. Il reviendra d’ailleurs sur le cas des 23 gendarmes, présumés auteurs des tirs, qui sont encore en liberté pour illustrer son propos et réclamer, encore une fois, un procès public. Coté victimes, le délégué de Tizi Ouzou intégrera dans les incidences, les émeutiers du Sud, y compris ceux des derniers évènements de Ghardaïa et de « notre frère Benchicou qui a soutenu le mouvement ! ».

Djilali B.

 


AFP 4 jan 2005

   Le gouvernement invite les tribus kabyles à reprendre le dialogue  

 ALGER
  Le chef du gouvernement algérien Ahmed Ouyahia a invité mardi le mouvement contestataire des âarchs (tribus kabyles) à reprendre le dialogue, interrompu en février 2004, pour résoudre la crise secouant la Kabylie (est d'Alger) depuis près de quatre ans, a-t-on annoncé de source officielle à Alger.  
 Ce dialogue, amorcé en janvier 2004 avec difficulté et après des tentatives avortées, avait abouti à un échec le 7 février 2004, butant sur la reconnaissance officielle de la langue tamazight (berbère), la langue des Kabyles, un point considéré comme fondamental par les âarchs pour résoudre la crise.  
 "A la veille de la célébration de Yennayer (12 janvier: premier jour du Nouvel an berbère), le chef du gouvernement invite de nouveau le mouvement citoyen (les âarchs) à venir reprendre le dialogue déjà entamé dans le but d'aboutir à un accord global de mise en oeuvre de la plate-forme d'El-Kseur", a indiqué un communiqué du gouvernement.  
 La plate-forme d'El Kseur est le document de référence du mouvement des âarchs adopté le 11 juin 2001, dans cette bourgade kabyle, dans le feu des émeutes du printemps noir qui avaient, d'avril 2001 à mars 2002, une centaine de morts et des milliers de blessés.  
 Ce texte comprend 15 points jugés fondamentaux et "non négociables" par les âarchs pour résoudre la crise en Kabylie, notamment la mise en oeuvre d'un plan d'urgence de développement économique.  
 "A travers le protocole conclu le 6 janvier 2004 et complété le 22 du même mois, le chef du gouvernement et le mouvement citoyen (les âarchs) sont arrivés à un accord au sujet des six incidences. Cet accord, dont la mise en oeuvre a été entamée, constitue un engagement qui sera appliqué", a ajouté le communiqué du gouvernement.  
 Un accord sur des préalables avant d'aborder la plate-forme d'El Kseur avait permis de régler en janvier 2004 les six "incidences" des émeutes, comme les qualifient les âarchs.